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LA SOIREE DE MRS DALLOWAY

Code EAN13 : 9782923682334

Prix unitaire (TTC)

11.00 €

Indisponible

Auteur: Inconnu

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Extrait

Extrait de l'introduction

Le 6 octobre 1922, Virginia Woolf griffonne dans un cahier de travail l'entrée suivante : «Pensées en commençant un livre qui s'intitulera peut-être A la maison : ou La soirée : Ce sera un livre court composé de six ou sept chapitres dont chacun est autonome. Pourtant il faut trouver un principe d'unité quelconque ! Et le tout doit converger vers la soirée à la fin.»
Woolf n'a finalement pas écrit ce livre, elle en a écrit un autre : le roman Mrs Dalloway (1925). Mais, d'une certaine façon, c'est ce livre imaginaire qu'a brillamment reconstitué la critique littéraire Stella McNichol un demi-siècle plus tard (1973), en prenant l'initiative de rassembler des nouvelles thématiquement et temporellement proches du roman ; et c'est ce livre qu'aujourd'hui, encore quatre décennies après, le lecteur français tient entre ses mains pour la première fois.
Woolf était très ambivalente vis-à-vis des soirées mondaines : à la fois attirée («la perspective d'une soirée l'excitait toujours, écrira son mari Léonard dans son autobiographie (1967), et en pratique elle était toujours très sensible à l'excitation réelle, mentale et physique, de la soirée elle-même : la fièvre qui monte, la fermentation, la fontaine de bruit») et mal à l'aise, timide, hantée par la peur du ridicule. Cette ambivalence en faisait un thème idéal pour son écriture.
Thème d'une difficulté redoutable : comment, en effet, rendre compte en quelques pages de ce qui se passe lorsque des hommes et des femmes de la haute société londonienne, bien habillés et bien éduqués, se réunissent pour briller, se distraire et, en concluant affaires ou mariages, se hisser un peu plus haut dans la hiérarchie sociale ? Comment circuler dans plusieurs têtes à la fois, et à l'extérieur des têtes aussi, dans l'écoute des conversations et l'observation des comportements ? «Mon idée actuelle, notera Woolf dans son journal, est que les gens ont toutes sortes d'états de conscience; et j'aimerais explorer la conscience de soirée, la conscience de robe, etc.» (27 avril 1925)
Thème d'autant plus obsédant pour Woolf que, ces mêmes années, elle est tenue à l'écart de Londres pour des raisons de santé. Ses symptômes (que, dans le roman, elle attribuera au malade mental Septimus Warren Smith) sont graves : tachycardie, maux de tête, menace d'effondrement. Le remède que prescrivent ses médecins {idem) est radical : du repos, du repos, du repos. Avec Léonard, elle s'est donc retirée dans la banlieue tranquille de Richmond. Mais la vitalité de la capitale lui manque et, à défaut de la vivre dans son corps, elle la vit dans son esprit en l'écrivant. Les nouvelles du présent volume datent toutes de cette époque où Woolf souffrait de relative «privation mondaine», époque qui marque aussi le début de sa célébrité littéraire.
Son journal intime à l'automne 1920 (elle a trente-huit ans) la montre dans une lutte incessante contre la dépression. «La mélancolie diminue à mesure que je l'écris. [...] Je n'arrive pas à en dire le fond. C'est le fait de n'avoir pas d'enfants, de vivre loin des amis, d'échouer à bien écrire, de vieillir...» (25 octobre 1920). Ce même automne, en visite à Richmond, le poète T.S. Eliot a fait aux Woolf une description dithyrambique du nouveau roman de James Joyce, Ulysse, qui paraît en feuilleton à Paris. «Je me suis dit que ce que je fais, Mr Joyce est sans doute en train de le faire mieux.» (26 septembre)
Code EAN13 9782923682334
Date de parution 28/01/2021
Support Broché
Description du format Version Papier
Poids 85 g
Hauteur 200 mm
Largeur 120 mm
Épaisseur 6 mm
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